Je
dirais presque que le crayon est une arme mieux trempée
et qui frappe avec plus de force. Le pamphlet ne s'adresse
qu'à l'esprit; il faut encore, pour le comprendre et
le goûter, un certain degré d'instruction, d'attention
tout au moins. la caricature entre dans les yeux et remue
ce qu'il y a de plus sensible en nous, l'imagination. Elle
est intelligible à tous : elle nous arrête au
passage ... et nous force à la regarder aux vitrines
où elle est suspendue. Le pamphlet ne laisse dans la
mémoire que les idées, et d'autres ont bien
vite fait de les effacer. La caricature y grave des images
dont les formes et les couleurs flottent dans le souvenir
longtemps encore après qu'on les a vues.
FRANCISQUE
SARCEY (1871)