
APRES
LE PREMIER JOUR DE L'AN (Extrait)
- Joséphine.
- Madame.
- J'ai
le regret de vous dire que vous ne me convenez plus.
- Ah
! oui, je comprends, ça se mijotait depuis longtemps ; seulement
madame attendait que le 1er janvier fût passé pour
me remercier, parce qu'avant vous n'auriez pu trouver une bonne
et vous auriez été forcée de vous servir vous-même.
- J'ai
bien le droit de vous congédier comme bon me plaît,
n'est-ce pas ? D'abord, vous deviez vous douter de mes intentions
quand vous n'avez reçu que cent sous d'étrennes.
-
Pardon, madame trente
francs.
- Vous
vous trompez.
- Monsieur, qui est meilleur
que madame, a ajouté vingt-cinq francs.
- Comment ! lui ! ... Oh !
le monstre !
- Je les méritais bien,
car il me turlupinait assez en l'absence de madame.
- Quel gredin !
- Tant que je suis en place,
je suis discrète ; mais, quand on me renvoie, je ne prends
plus de ménagements.
Le mari arrive sur ces entrefaits. Sa femme lui saute aux yeux.
Joséphine est dans la jubilation.
